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Comprendre les Métiers en Pénurie en Wallonie : Guide Complet pour Orienter sa Carrière

Métier en pénurie

Dans un marché du travail en constante évolution, certains secteurs d’activité peinent à recruter des profils qualifiés malgré un taux de chômage significatif. En Wallonie, pas moins de 162 métiers sont actuellement considérés en pénurie ou critiques, créant à la fois un défi pour les entreprises et une véritable opportunité pour les demandeurs d’emploi et personnes en quête de reconversion professionnelle.

Se tourner vers un métier en pénurie représente une stratégie d’orientation professionnelle pertinente, garantissant non seulement de meilleures perspectives d’embauche, mais également un soutien institutionnel considérable, tant au niveau de la formation que des incitants financiers. Ce choix stratégique peut transformer une situation professionnelle précaire en véritable tremplin vers une carrière stable et épanouissante.

Ce guide détaillé ambitionne de vous accompagner dans la compréhension approfondie des métiers en pénurie en Wallonie : leur définition, les secteurs concernés, les formations requises et les aides disponibles pour entamer une reconversion. Que vous soyez jeune diplômé en quête d’orientation, demandeur d’emploi cherchant à maximiser vos chances de réinsertion ou simplement en réflexion sur votre avenir professionnel, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour faire un choix éclairé et capitaliser sur les besoins actuels du marché de l’emploi wallon.

Définition et contexte des métiers en pénurie en Wallonie

Qu’est-ce qu’un métier en pénurie ?

En Wallonie, deux concepts essentiels sont distingués par le Forem, l’office wallon de l’emploi et de la formation professionnelle :

  • Les fonctions critiques sont des métiers pour lesquels le délai de recrutement est anormalement long. Les employeurs éprouvent des difficultés à trouver des candidats, mais finissent généralement par pourvoir leurs postes après une période de recherche prolongée.
  • Les métiers en pénurie représentent une situation plus grave, caractérisée par un manque réel de candidats qualifiés. Comme l’explique le Forem : « Les métiers en pénurie sont caractérisés par un manque de candidats » Leforem. Cette pénurie de main-d’œuvre qualifiée crée un déséquilibre structurel dans certains secteurs de l’économie.

Pour qu’un métier soit officiellement classé en pénurie, plusieurs facteurs sont pris en compte par le Forem :

  • Un ratio défavorable entre le nombre d’offres d’emploi et le nombre de demandeurs d’emploi disponibles
  • Un taux de satisfaction des offres d’emploi inférieur à la moyenne
  • Une durée de recrutement anormalement longue
  • Une analyse qualitative des difficultés rencontrées par les employeurs

La liste des métiers en pénurie : un outil essentiel

Chaque année, le Forem publie une liste actualisée des fonctions critiques et des métiers en pénurie en Wallonie. En 2024, cette liste comprend 162 métiers, soit quatre de plus qu’en 2023, témoignant d’une tension persistante sur le marché du travail.

Voici la Liste officielle des métiers en pénurie du Forem.

Parmi ces 162 fonctions critiques, 112 sont considérées comme étant en pénurie lourde de main-d’œuvre. Cette liste est un outil précieux pour :

  • Les demandeurs d’emploi cherchant à se réorienter vers des secteurs porteurs
  • Les étudiants et jeunes diplômés en quête d’orientation
  • Les travailleurs étrangers souhaitant s’installer en Belgique
  • Les organismes de formation pour adapter leur offre
  • Les pouvoirs publics élaborant des politiques d’emploi et de formation

Les causes de la pénurie

Plusieurs facteurs expliquent ces pénuries structurelles :

  1. Inadéquation entre formation et besoins du marché : Certaines filières d’enseignement ne produisent pas suffisamment de diplômés dans des secteurs en forte demande.
  2. Évolution technologique rapide : Des métiers évoluent plus rapidement que les formations, créant un décalage entre compétences disponibles et requises.
  3. Conditions de travail perçues comme difficiles : Horaires irréguliers, salaires parfois peu attractifs, pénibilité physique ou stress important peuvent rebuter les candidats potentiels.
  4. Méconnaissance de certains métiers : Plusieurs professions en pénurie souffrent d’un déficit d’image ou de visibilité.
  5. Vieillissement de la population active : Certains secteurs font face à des départs massifs à la retraite sans renouvellement suffisant des effectifs.

Comme le souligne une analyse du CEPAG : « La qualité de l’emploi, les conditions de travail et les salaires pratiqués représentent souvent les véritables causes de ces pénuries dites ‘de main-d’œuvre' » CEPAG.

Les secteurs et métiers en pénurie en Wallonie

Panorama des principaux secteurs touchés

La liste des métiers en pénurie du Forem révèle que certains secteurs sont particulièrement affectés. Voici les principaux domaines concernés en Wallonie en 2024 :

1. Construction, bois et électricité

Ce secteur figure parmi les plus touchés avec de nombreuses professions en demande comme :

  • Maçon/Maçonne
  • Carreleur/Carreleuse
  • Électricien installateur/Électricienne installatrice
  • Couvreur/Couvreuse
  • Menuisier/Menuisière

Un responsable d’entreprise de construction témoigne : « Nous sommes constamment à la recherche de maçons qualifiés. Malgré les salaires attractifs, nous peinons à trouver des candidats formés et prêts à l’emploi. »

2. Santé et action sociale

Avec le vieillissement de la population, les besoins dans ce secteur ne cessent d’augmenter :

  • Infirmier/Infirmière (hospitalier et à domicile)
  • Aide-soignant/Aide-soignante
  • Médecin généraliste et spécialiste
  • Kinésithérapeute
  • Pharmacien/Pharmacienne

Selon une étude de ManpowerGroup, « en Belgique, les profils du secteur de la santé font partie des 25% les plus difficiles à trouver » ManpowerGroup.

3. Éducation et formation

Ce secteur connaît également des difficultés de recrutement importantes :

  • Enseignant/Enseignante (tous niveaux, particulièrement sciences et mathématiques)
  • Formateur/Formatrice professionnel
  • Instituteur/Institutrice primaire

4. Informatique et technologie

Domaine en perpétuelle évolution, l’informatique manque cruellement de talents :

  • Développeur/Développeuse (tous langages)
  • Analyste business
  • Expert/Experte en cybersécurité
  • Administrateur/Administratrice systèmes et réseaux
  • Data analyst/scientist

D’après ManpowerGroup, « les profils IT & Data représentent 25% des difficultés de recrutement en Belgique » ManpowerGroup.

5. Horeca et tourisme

Particulièrement impacté après la crise du Covid-19, ce secteur peine à trouver :

  • Chef cuisinier/Cheffe cuisinière
  • Serveur/Serveuse en restauration
  • Personnel d’hôtellerie
  • Guide touristique

6. Transport et logistique

Avec l’essor du e-commerce, les besoins augmentent :

  • Chauffeur/Chauffeuse poids lourd
  • Conducteur/Conductrice de bus
  • Logisticien/Logisticienne
  • Magasinier/Magasinière

7. Industrie

Le secteur industriel reste un pilier économique avec de nombreux métiers en tension :

  • Soudeur/Soudeuse
  • Technicien/Technicienne de maintenance industrielle
  • Opérateur/Opératrice de production
  • Mécanicien/Mécanicienne industriel(le)

Évolution des besoins et tendances

L’analyse des listes successives des métiers en pénurie permet d’identifier certaines tendances :

  1. Persistance de pénuries structurelles : Certains métiers apparaissent année après année dans les listes, révélant des problèmes structurels plutôt que conjoncturels.
  2. Émergence de nouveaux besoins : En 2024, 43 nouveaux métiers ont fait leur apparition sur la liste, notamment « les aides-boulangers, les conseillers techniques pour le support à la clientèle » Siep.
  3. Disparition de certaines tensions : Parallèlement, 39 métiers ont disparu de la liste précédente, dont « architecte, agent de voyage, déménageur, monteur d’échafaudages ou encore géomètre » Abalone Emploi.

Cette dynamique illustre l’importance d’une veille constante sur les évolutions du marché du travail, tant pour les candidats en quête d’emploi que pour les organismes de formation.

Les formations pour accéder aux métiers en pénurie

Les différentes voies de formation en Wallonie

Pour se former à un métier en pénurie, plusieurs voies sont possibles en Wallonie. Chacune présente des spécificités adaptées à différents profils et situations :

1. Les formations du Forem

Le Forem propose un large éventail de formations gratuites pour les demandeurs d’emploi. Ces formations sont organisées dans toute la Wallonie et présentent de nombreux avantages :

  • Gratuité totale pour les demandeurs d’emploi
  • Aspect pratique combiné à des bases théoriques
  • Proximité avec le monde de l’entreprise
  • Stages en milieu professionnel
  • Accompagnement personnalisé

Comme l’indique le site du Forem : « Nos formations sont gratuites et organisées à travers toute la Wallonie. Différentes formules existent : en centre de formation, en formation alternée, à distance… » Leforem.

Le Forem propose notamment deux dispositifs particulièrement adaptés aux métiers en pénurie :

  • Les formations Coup de poing pénurie : Ce dispositif innovant associe directement un employeur qui s’engage à recruter un certain nombre de stagiaires à l’issue d’une formation sur mesure. « Les formations Coup de poing pénurie visent à développer des compétences recherchées par les employeurs dans des métiers en pénurie ou critiques » Leforem.
  • Les formations qualifiantes classiques : Organisées dans les centres du Forem ou chez ses partenaires, ces formations couvrent un large éventail de métiers en pénurie.

2. L’IFAPME (Institut wallon de Formation en Alternance et des indépendants et Petites et Moyennes Entreprises)

L’IFAPME est un acteur majeur de la formation en alternance en Wallonie, proposant :

  • Des formations pour adultes (dès 18 ans) combinant cours en centre (1 à 2 jours/semaine) et pratique en entreprise
  • Des formations de chef d’entreprise incluant des cours de gestion pour devenir indépendant
  • Des formations de coordination et d’encadrement pour occuper des postes de responsabilité

La particularité de l’IFAPME réside dans l’alternance : « La formation en alternance combine apprentissage pratique en entreprise et cours théoriques en centre de formation » IFAPME. Cette formule permet d’acquérir à la fois expérience professionnelle et compétences théoriques.

L’IFAPME souligne que « plus de 120 formations IFAPME répondent à des métiers en pénurie ou fonctions critiques ! » IFAPME.

3. L’Enseignement de Promotion Sociale

Cette filière d’enseignement s’adresse principalement aux adultes souhaitant reprendre des études :

  • Horaires adaptés (soir, week-end)
  • Modules capitalisables
  • Diplômes reconnus équivalents à ceux de l’enseignement de plein exercice
  • Coût modéré

La Promotion Sociale est particulièrement adaptée pour les personnes en reconversion qui doivent concilier formation et autres responsabilités : « Changer de métier nécessite souvent de suivre une formation. Découvrez toutes les opportunités offertes par l’Enseignement de Promotion Sociale » Promsoc.

4. L’enseignement supérieur

Pour certains métiers en pénurie requérant un niveau de qualification élevé (comme infirmier, enseignant ou ingénieur), l’enseignement supérieur reste la voie privilégiée :

  • Universités
  • Hautes Écoles
  • Écoles Supérieures des Arts

De nombreux établissements proposent désormais des horaires aménagés ou des cursus adaptés aux adultes en reprise d’études.

Choisir la formation adaptée à son profil

Le choix de la formation dépend de plusieurs facteurs :

  1. Niveau d’études initial : Certaines formations exigent des prérequis (diplôme, connaissances de base)
  2. Disponibilité : Formation à temps plein ou compatible avec un emploi
  3. Objectif professionnel : Emploi salarié, création d’entreprise, encadrement
  4. Préférences d’apprentissage : Théorique, pratique, alternance
  5. Contraintes personnelles : Mobilité, situation familiale, ressources financières

Un bilan de compétences ou un entretien avec un conseiller d’orientation peut s’avérer précieux pour faire le choix le plus pertinent.

Focus sur des parcours de formation spécifiques

Pour illustrer concrètement les possibilités, voici quelques exemples de parcours de formation vers des métiers en pénurie :

Devenir électricien installateur (secteur construction)

  • Via le Forem : Formation qualifiante de 9 mois incluant stages en entreprise
  • Via l’IFAPME : Formation en alternance de 2 ans (chef d’entreprise)
  • Via la Promotion Sociale : Formation modulaire en horaire décalé

Devenir infirmier/infirmière (secteur santé)

  • Via les Hautes Écoles : Bachelier en 3 ans (ou 4 ans en horaire adapté)
  • Via la Promotion Sociale : Bachelier en 4 ans en horaire décalé

Devenir développeur informatique (secteur IT)

  • Via le Forem : Formation intensive de 6 à 9 mois
  • Via l’IFAPME : Formation de chef d’entreprise en 2 ans
  • Via l’enseignement supérieur : Bachelier ou Master en informatique

Une analyse approfondie des formations disponibles pour chaque métier en pénurie est accessible sur les sites du Forem, de l’IFAPME ou du catalogue des formations en Wallonie.

Les aides et incitants pour se former aux métiers en pénurie

La Wallonie et le gouvernement fédéral ont mis en place plusieurs dispositifs pour encourager les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion à se former aux métiers en pénurie. Ces aides représentent un levier important pour faciliter l’accès à ces formations.

L’Incitant+ : une prime à la formation réussie

L’Incitant+ est une prime de 350 euros nets octroyée aux demandeurs d’emploi qui réussissent une formation menant à un métier en pénurie ou une fonction critique. Comme l’explique le Forem : « L’Incitant+ est une prime de 350 euros versée au chercheur d’emploi ayant suivi une formation dans un métier en pénurie ou pour une fonction critique » Leforem.

Cette prime a été mise en place pour inciter davantage de personnes à s’orienter vers ces secteurs en tension et représente un coup de pouce financier non négligeable à l’issue du parcours de formation.

Pour en bénéficier, il faut :

  • Être inscrit comme demandeur d’emploi au Forem
  • Suivre une formation menant à un métier figurant sur la liste officielle des métiers en pénurie
  • Terminer avec succès la formation ou quitter la formation pour un emploi dans un métier en pénurie

Les dispenses pour formation

Les demandeurs d’emploi bénéficiant d’allocations de chômage peuvent obtenir une dispense de certaines obligations pendant qu’ils suivent une formation à un métier en pénurie :

  • Dispense de disponibilité sur le marché de l’emploi
  • Dispense de recherche active d’emploi
  • Maintien des allocations de chômage pendant la durée de la formation

Ces dispenses sont particulièrement avantageuses pour les formations à un métier en pénurie puisque, comme le précise le Forem : « Si vous demandez une dispense pour des études ou une formation qui préparent à une profession où il existe une pénurie de main-d’œuvre, la condition de durée d’inscription comme demandeur d’emploi n’est pas exigée » Leforem.

La demande de dispense doit être introduite auprès du Forem avant le début de la formation. Les conditions d’octroi sont généralement plus souples pour les formations menant à des métiers en pénurie.

Le dispositif Coup de poing pénurie

Au-delà de son aspect formation, le dispositif Coup de poing pénurie offre également des avantages financiers pour les stagiaires :

  • Une indemnité de formation de 2€ brut de l’heure
  • Intervention forfaitaire dans les frais de déplacement et de garderie
  • Promesse d’embauche à l’issue de la formation par les entreprises partenaires

Ce dispositif présente un taux d’insertion professionnelle particulièrement élevé : « 70% des demandeurs d’emploi formés décrochent un emploi à l’issue de leur formation » selon les statistiques du Forem Leforem.

Les chèques-formation

La Région wallonne propose également des chèques-formation aux travailleurs souhaitant se perfectionner ou se reconvertir vers un métier en pénurie :

  • Valeur de 30€ par heure de formation
  • Participation personnelle de 10€ par chèque
  • Nombre de chèques limité par an

Bien que principalement destinés aux travailleurs, ces chèques peuvent constituer une aide précieuse pour les personnes en emploi souhaitant se réorienter progressivement vers un métier en pénurie.

Autres aides spécifiques

D’autres dispositifs peuvent faciliter l’accès à la formation :

  • Intervention dans les frais de déplacement pour les formations du Forem
  • Intervention dans les frais de garderie
  • Prêts à taux avantageux pour financer une formation
  • Bourses d’études pour certaines formations supérieures menant à des métiers en pénurie

Ces différentes aides peuvent souvent être cumulées, créant ainsi un écosystème favorable à la formation aux métiers en pénurie.

Perspectives d’emploi et salaires dans les métiers en pénurie

Les opportunités d’emploi

Les métiers en pénurie offrent, par définition, d’excellentes perspectives d’insertion professionnelle. Une étude de ManpowerGroup révèle que « 72% des employeurs belges éprouvent des difficultés à remplir leurs postes vacants » ManpowerGroup, créant ainsi un contexte favorable pour les personnes formées dans ces secteurs.

Plusieurs indicateurs témoignent de ces opportunités :

  • Délai d’insertion rapide : De nombreux diplômés trouvent un emploi dans les semaines suivant leur formation
  • Choix plus large d’employeurs potentiels
  • Possibilité de négocier de meilleures conditions d’embauche
  • Stabilité d’emploi accrue (CDI plus fréquents que CDD)
  • Opportunités de progression de carrière

Les statistiques du Forem confirment cette tendance : les participants aux formations Coup de poing pénurie affichent un taux d’insertion de 70%, largement supérieur à la moyenne des formations classiques.

Les niveaux de rémunération

Les niveaux de salaire varient considérablement selon les secteurs et les métiers en pénurie. De manière générale, la tension sur le marché du travail tend à exercer une pression à la hausse sur les rémunérations.

Voici quelques exemples de salaires mensuels bruts moyens pour des métiers en pénurie en Belgique (débutants) :

Secteur Métier Salaire mensuel brut moyen (débutant)
Construction Électricien 2.200 – 2.600 €
Santé Infirmier(ère) 2.800 – 3.200 €
IT Développeur 2.800 – 3.500 €
Industrie Technicien de maintenance 2.400 – 2.800 €
Transport Chauffeur poids lourd 2.300 – 2.700 €
Horeca Chef cuisinier 2.400 – 3.000 €
Enseignement Professeur secondaire 2.600 – 3.100 €

Il convient de noter que ces salaires évoluent rapidement avec l’expérience. Ainsi, un technicien de maintenance industrielle avec 5 ans d’expérience peut voir sa rémunération augmenter de 20 à 30%.

Les secteurs comme l’IT, l’ingénierie et la finance offrent généralement les rémunérations les plus élevées parmi les métiers en pénurie, tandis que certains métiers des services à la personne demeurent moins bien rémunérés malgré la forte demande.

Évolution de carrière et valorisation des compétences

Au-delà du salaire initial, les métiers en pénurie offrent souvent d’intéressantes perspectives d’évolution :

  • Progression hiérarchique : De nombreux secteurs en pénurie proposent des parcours d’évolution bien définis (ex: de développeur à chef de projet, d’infirmier à cadre de santé)
  • Spécialisation : Opportunités de se spécialiser dans des niches plus valorisées
  • Entrepreneuriat : Possibilité de créer sa propre entreprise après quelques années d’expérience
  • Formation continue : Accès facilité à des formations complémentaires financées par l’employeur

Ces perspectives d’évolution renforcent l’attractivité des métiers en pénurie sur le long terme, au-delà de la facilité d’accès à l’emploi initial.

Témoignages et parcours réussis

Les parcours réussis de reconversion vers des métiers en pénurie illustrent concrètement les opportunités offertes par ces secteurs. Voici quelques témoignages inspirants :

Marie, 34 ans : De l’administration à l’électricité

« Après 10 ans comme employée administrative, je me sentais dans une impasse. J’ai toujours aimé le travail manuel et les défis techniques. J’ai découvert via le Forem que le métier d’électricien était en pénurie et j’ai décidé de suivre une formation de 9 mois. Aujourd’hui, deux ans après ma reconversion, je travaille pour une entreprise d’installations électriques industrielles. Mon salaire a augmenté de 20% et surtout, je me sens épanouie dans mon travail quotidien. »

Marie a bénéficié du dispositif Incitant+ et de la dispense de recherche d’emploi pendant sa formation. Six semaines après l’obtention de son certificat, elle avait déjà signé son contrat.

Thomas, 42 ans : Du commerce à l’informatique

« J’étais vendeur dans un magasin d’électroménager quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à l’informatique. Avec la fermeture de mon entreprise, j’ai dû me reconvertir. J’ai suivi une formation de développeur web de 6 mois via le Forem. La formation était intense mais passionnante. J’ai été embauché avant même la fin de mon stage par une société de services informatiques. Je gagne aujourd’hui près de 50% de plus qu’avant et je travaille sur des projets variés qui me stimulent intellectuellement. »

Pour Thomas, la clé a été le dispositif Coup de poing pénurie, qui lui a permis d’être formé en partenariat direct avec des entreprises recruteuses.

Sophia, 28 ans : De l’hôtellerie aux soins infirmiers

« Après des études en hôtellerie et quelques années comme réceptionniste, j’ai réalisé que ce qui me passionnait vraiment, c’était le contact humain et l’aide aux autres. J’ai décidé de me former au métier d’infirmière, un secteur que je savais en pénurie. J’ai suivi le bachelier en soins infirmiers en Promotion Sociale, ce qui m’a permis de travailler à temps partiel pendant mes études. Aujourd’hui, je travaille en gériatrie et malgré les défis du métier, je trouve un sens profond à ce que je fais chaque jour. »

La formation de Sophia a été plus longue (4 ans) mais elle a pu bénéficier d’allocations d’études et d’une dispense partielle pour continuer à percevoir des allocations de chômage tout en étudiant.

Facteurs clés de réussite identifiés

Ces témoignages et d’autres recueillis auprès de personnes ayant réussi leur reconversion vers des métiers en pénurie permettent d’identifier plusieurs facteurs clés de succès :

  1. Une motivation solide au-delà de la simple opportunité d’emploi
  2. Un choix réfléchi, basé sur une analyse de ses compétences et aspirations
  3. Une utilisation optimale des dispositifs d’aide disponibles
  4. Un investissement personnel important pendant la formation
  5. Une ouverture aux opportunités pendant et après la formation
  6. Une capacité d’adaptation face aux défis d’un nouveau secteur

Comme le souligne Lindsay Tonneau, reconvertie professionnellement : « Une reconversion professionnelle réussie demande de la persévérance et beaucoup de travail, mais quand on est passionné par son nouveau métier, on trouve l’énergie nécessaire » Muzo+.

Stratégies pour une reconversion réussie vers un métier en pénurie

Se reconvertir vers un métier en pénurie ne s’improvise pas. Voici une méthodologie structurée pour maximiser vos chances de réussite :

1. Évaluer ses compétences et aspirations

Avant de choisir un métier en pénurie, il est essentiel de réaliser un bilan personnel :

  • Compétences techniques déjà acquises et transférables
  • Soft skills (communication, organisation, résolution de problèmes…)
  • Centres d’intérêt et valeurs professionnelles
  • Contraintes personnelles (mobilité, horaires, santé…)

Des outils comme le bilan de compétences peuvent vous aider dans cette démarche introspective. Le Forem propose également des ateliers d’orientation professionnelle gratuits pour les demandeurs d’emploi.

2. S’informer sur les métiers en pénurie

Une fois votre profil personnel établi, explorez les différents métiers en pénurie qui pourraient vous correspondre :

  • Consultez la liste officielle des métiers en pénurie du Forem
  • Assistez à des séances d’information sur les métiers et les formations
  • Rencontrez des professionnels exerçant dans les secteurs visés
  • Participez à des journées découverte ou des stages d’observation

Le Forem organise régulièrement des « Jobdays » sectoriels permettant de découvrir concrètement les réalités des métiers en pénurie.

3. Choisir la formation adaptée

Une fois le métier cible identifié, comparez les différentes filières de formation :

  • Durée : de quelques mois à plusieurs années
  • Intensité : temps plein ou horaire décalé
  • Pédagogie : théorique, pratique, alternance
  • Prérequis : niveau d’études, tests d’admission
  • Localisation et accessibilité
  • Taux d’insertion des anciens stagiaires

N’hésitez pas à contacter directement les centres de formation pour obtenir des informations précises et actualisées.

4. Optimiser les aides disponibles

Avant de démarrer votre formation, assurez-vous de bénéficier de toutes les aides auxquelles vous avez droit :

  • Demandez une dispense auprès du Forem si vous êtes demandeur d’emploi
  • Renseignez-vous sur l’Incitant+ et les conditions pour l’obtenir
  • Explorez les possibilités de chèques-formation si vous êtes travailleur
  • Informez-vous sur les interventions dans les frais de déplacement et de garderie

Le cumul de ces différentes aides peut considérablement faciliter votre parcours de formation.

5. Développer son réseau professionnel pendant la formation

Dès le début de votre formation, commencez à construire votre réseau dans votre nouveau secteur :

  • Établissez des relations avec vos formateurs, souvent en contact avec le monde professionnel
  • Échangez avec vos collègues de formation qui deviendront peut-être vos futurs collaborateurs
  • Profitez des stages pour vous faire remarquer par les employeurs
  • Participez à des événements sectoriels (salons, conférences…)
  • Créez ou actualisez votre profil LinkedIn en mettant en avant votre reconversion

Ce réseau sera un atout majeur lors de votre recherche d’emploi.

6. Valoriser sa reconversion auprès des employeurs

Une fois formé, mettez en valeur votre parcours de reconversion comme un atout :

  • Soulignez votre motivation et votre capacité d’adaptation
  • Valorisez vos compétences transversales issues de votre expérience antérieure
  • Mettez en avant votre formation récente et donc actualisée
  • Préparez-vous à expliquer votre choix de reconversion de manière convaincante

De nombreux employeurs apprécient les profils en reconversion pour leur motivation et leur regard neuf sur le métier.

Conclusion

Les métiers en pénurie en Wallonie constituent une réelle opportunité pour les personnes en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle. Avec 162 métiers identifiés en 2024, couvrant des secteurs aussi variés que la construction, la santé, l’informatique ou l’industrie, le choix est vaste et permet à chacun de trouver une voie correspondant à ses compétences et aspirations.

Les avantages d’une orientation vers ces métiers sont nombreux : insertion professionnelle facilitée, stabilité d’emploi, perspectives d’évolution, et dans certains cas, rémunérations attractives. S’y ajoutent des dispositifs d’aide spécifiques comme l’Incitant+, les dispenses pour formation ou encore les formations Coup de poing pénurie, qui créent un environnement favorable à la reconversion.

Toutefois, s’engager dans un métier en pénurie ne doit pas être une décision prise uniquement par opportunisme. Les témoignages recueillis montrent que les reconversions réussies s’appuient sur une motivation authentique, une bonne connaissance de soi et un choix réfléchi du secteur d’activité. La démarche gagnante consiste à allier stratégie d’emploi et épanouissement personnel.

Dans un marché du travail en perpétuelle mutation, où certains métiers disparaissent tandis que d’autres émergent, la capacité à se former tout au long de la vie devient une compétence essentielle. Les métiers en pénurie d’aujourd’hui ne seront peut-être pas ceux de demain, mais la méthodologie pour s’orienter vers des secteurs porteurs reste pertinente.

Comme le rappelle le Forem : « Se former aux métiers en pénurie et fonctions critiques, c’est maximiser ses chances de trouver un emploi durable » Leforem. Un conseil que de nombreux Wallons ont déjà suivi avec succès, transformant ainsi une situation de tension du marché du travail en tremplin pour leur carrière.

Ressources utiles

Pour aller plus loin dans votre réflexion ou votre projet d’orientation vers un métier en pénurie, voici quelques ressources essentielles :

N’hésitez pas à consulter ces sites régulièrement, les informations sur les métiers en pénurie et les dispositifs d’aide étant mises à jour annuellement.

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